Lettre ouverte à notre ami Jérémy Corbyn

dimanche 13 septembre 2015
par  Francis Wurtz
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Cher Jérémy,

Je ne sais si tu mesures la joie que suscite ton élection à la tête du Parti travailliste auprès de tes amis -tes « camarades » comme tu n’hésites pas à les appeler- en France comme, j’imagine, dans toute la gauche européenne ! En particulier, parmi celles et ceux d’entre eux qui te connaissent depuis vingt ans et plus et pour qui tu es depuis lors -avec le regretté Tony Benn- la référence par excellence dans la gauche britannique . La dernière fois que nous ayons fait « estrade commune » remonte au mois de mai 2011, à l’occasion d’un magnifique meeting , à Londres, au côté de nos amis de Sinn Fein, consacré au trentième anniversaire de la mort de Bobby Sands, héros et martyr de la cause républicaine irlandaise.

Des causes qui nous ont rapprochés, il y en déjà tant eues : de la libération de Nelson Mandela à la reconnaissance de l’Etat de Palestine ; du refus de la guerre en Irak à la solidarité avec l’Amérique latine ; du refus d’une Europe « blairisée » à l’action pour une « meilleure Europe, défendant la justice sociale et pas la finance » ! Aujourd’hui que tu as réussi l’impensable : engager le Parti travailliste sur la voie de la rupture avec l’héritage empoisonné de vingt années de « thatchérisme soft » insufflé par Tony Blair , de nouvelles perspectives de dialogues, de convergences et d’initiatives élargies se dessinent . Pour cet espoir inattendu et si réconfortant : merci !

L’expérience politique extraordinaire que tu viens de vivre et de faire vivre ces deux derniers mois est , pour toute la gauche européenne, particulièrement riche d’enseignements. Loin des artifices des « communicants » professionnels comme des figures imposées dans les grands médias ; étranger aux mœurs des politiciens à l’égo surdimensionné comme au discours « politiquement correct » de la « gauche moderne », tu es resté celui que nous avons toujours connu : sincère, authentique, modeste, respectueux .
Et fidèle à tes convictions qui sont , aujourd’hui comme hier, aussi simples à comprendre qu’essentielles à réaliser : « recréer l’ambition d’une société plus juste » ; en finir avec le « tout-austérité » -qui est « un choix politique » et non une fatalité- ; développer les services publics de transports, d’éducation et de santé ; « changer la mission de la Banque centrale » pour que l’argent qu’elle crée aille « aux gens » et serve à « l’emploi qualifié » ; nationaliser les chemins de fer et les producteurs d’énergie ; relever l’impôt sur les sociétés ; maintenir dans le secteur public des banques sauvées de la faillite par l’Etat au moment de la crise de 2008…
La même cohérence de gauche se retrouve dans tes propositions de politique internationale , qui se situent aux antipodes des obsessions du « caniche de Bush » : non à la guerre , à l’arme nucléaire et à l’OTAN -« qui aurait dû disparaître avec la guerre froide ». Voilà la politique et le comportement qu’ont plébiscités les centaines de milliers de jeunes qui t’ont permis de vaincre la résistance acharnée des caciques de l’ex-« New Labour » ! Nul doute que ces derniers ne désarmeront pas pour autant. Réhabiliter la gauche en Europe est un combat. Nous nous y retrouverons.



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