Les politiciens font semblant de ne pas voir que les migrants évitent la France

vendredi 18 septembre 2015
par  Xavier Alonso
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Ça en devient grotesque !

D’un côté des politiciens français aux abois qui essaient de gérer la crise humanitaire en leur faveur.
De l’autre, des migrants qui font tout pour éviter la France. Au milieu, une population divisée qui hésite entre ouverture et fermeture.
Au final, on retient surtout que la France est incapable de tenir son rang et que sa classe politique instrumentalise tout événement à des fins de politique interne.

A Munich, la semaine dernière alors que les autorités allemandes recevaient en deux jours plus de personnes que la France ne compte en accueillir en deux ans, des fonctionnaires de l’Office français de protection des réfugiés (Ofpra) ont eu tout le mal du monde à convaincre un petit millier de migrants à venir, en urgence, en France. L’histoire, à défaut d’être drôle, révèle deux choses.

Primo, le gouvernement socialiste se paye de mots en appelant à la tradition humanitaire.
Dans les faits, François Hollande est tétanisé par les sondages défavorables et la montée du FN. Son action en faveur de la prise en charge des migrants est quasi nulle. Le président de la République ne bouge qu’après avoir pris acte de la position de Berlin. Les menaces, hier, de Manuel Valls de rétablir les contrôles aux frontières en sont une nouvelle démonstration.

Secundo. Ce ne sont pas les avantages sociaux et l’Etat providence qui attirent ceux qui fuient les conflits, mais le dynamisme économique des pays. Et là, c’est un véritable camouflet pour la France. Au désarroi des fonctionnaires français de l’Ofpra en gare de Munich répondent en écho les statistiques de l’asile. En 2014, les demandes d’asile ont baissé de 5% en France, elles ont explosé de 60% en Allemagne et de 50% en Suède, par exemple.

Le grotesque se cache dans l’attitude de la classe politique. La gauche fait semblant d’être généreuse alors qu’elle ne l’est pas. On baigne en pleine hypocrisie. Les droites françaises se disputent, elles, la palme de la petitesse. Non que les ténors des Républicains et du Front national n’aient le droit de prôner une politique d’asile restrictive, mais parce qu’ils moulinent la désinformation et la peur avec un aplomb déshonorant.

Ignorant totalement les faits – le désintérêt des migrants pour la France – aussi bien Marine Le Pen que Nicolas Sarkozy brassent les idées reçues, surtout celles qui le sont bien par la frange la plus poujadiste de l’électorat. Marine Le Pen parle d’« invasion » et souligne que cette population vient « chercher les emplois que vous n’avez pas et les prestations sociales que vous n’avez plus ». Nicolas Sarkozy a lui évoqué, l’autre soir sur TF1, ces migrants qui vont « vers les pays où les prestations sociales sont les meilleures » en une lourde allusion à la France.

La réalité, elle, montre que Syriens, Irakiens et Erythréens s’arrêtent à Munich ou rêvent de Londres lorsqu’ils sont bloqués à Calais dans le bidonville de la République.



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