Attentat d’Istanbul : la victime tunisienne enterrée dans l’émotion

samedi 2 juillet 2016
par  Jelloul
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Le médecin militaire tunisien tué dans l’attentat d’Istanbul, où il s’était rendu pour tenter de ramener son fils qui avait un temps rejoint le groupe extrémiste Etat islamique (EI), a été enterré vendredi dans l’émotion, dans sa ville natale.

Des centaines d’hommes et de femmes, dont beaucoup en pleurs, se sont rassemblés dès le matin devant le domicile familial à Ksour Essef, dans le centre-est de la Tunisie, pour lui rendre un dernier hommage, selon des journalistes de l’AFP sur place.

La dépouille de Fathi Bayoudh, chef du service pédiatrique de l’Hôpital militaire de Tunis, avait été accueillie la veille dans la capitale par une cérémonie militaire. Il a été enterré en début d’après-midi au cimetière de Ksour Essef.

Depuis deux mois, ce médecin qui avait pris un congé sans solde, faisait des allers-retours entre la Turquie et la Tunisie pour tenter de ramener son fils Anouar, 26 ans.

A l’automne dernier, cet enfant unique avait rejoint l’EI en Irak puis en Syrie avant de le regretter et d’appeler à l’aide, a raconté jeudi à l’AFP sa mère, Saida. Le jeune homme a ensuite quitté le groupe extrémiste pour tenter de regagner la Tunisie et a été placé en détention en Turquie.

Lundi, veille de l’attentat, « Fathi a su que son fils était sur le sol turc. Il était fou de joie de pouvoir enfin le voir et m’a demandé de venir rapidement en Turquie », a-t-elle ajouté.

Tragédie familiale

C’est en allant la chercher à l’aéroport que son mari a été tué dans le triple attentat-suicide.

Cette tragédie familiale a bouleversé de nombreux Tunisiens. Selon sa famille, Anouar n’était pas encore au courant, vendredi, de la mort de son père.

Les autorités tunisiennes ont annoncé qu’Ankara avait donné son accord à un rapatriement du jeune homme, mais la date de son retour n’était pas claire.

« Il va revenir dans les 24 ou 48 heures », a dit sa mère à la presse, à Ksour Essef.

Elle est revenue sur le parcours de son fils. « Il a dit +je cherchais la vérité, je croyais la trouver chez Daech (acronyme arabe de l’EI, ndlr). J’ai trouvé une arnaque+ », a-t-elle rapporté. « Les parents doivent être plus vigilants » car « personne n’est à l’abri », a-t-elle ajouté.

L’attentat d’Istanbul a fait 44 morts et plus de 260 blessés, selon les autorités turques. En l’absence de revendication, Ankara soupçonne l’EI d’être derrière ces attaques.

Elle-même frappée par des attentats sanglants depuis l’an dernier, la Tunisie compte des milliers de ressortissants au sein d’organisations jihadistes en Syrie, en Irak et en Libye.



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