Dans une démocratie en crise, c’est toujours une minorité qui finit par avoir raison

jeudi 15 décembre 2016
par  Pierrick Tillet
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C’est ainsi que disparaissent les empires, emportés dans la valse grotesque d’ultimes ganaches dirigeantes — ou prétendant l’être — et les errements de majorités désemparées qui ne savent plus où perdre la tête.

Rien, vraiment rien à l’horizon pour espérer encore un peu et dégager les lignes frêles du monde d’après ? Où sont passés le Indignés espagnols, les Occupy Wall Street américains, les Nuits debout bien de chez nous… ?

La jeunesse, disais-je dans un billet précédent, n’a pas la moindre envie d’attendre la fin de la crise pour être heureuse. Mais quelle piste de sortie, hors quelques expériences individuelles et marginales ?

Les vieux que nous sommes rappellerons leurs faits d’armes passés : Mai 68, la libération sexuelle, la montée en puissance du féminisme, l’IVG libre et gratuit, le boycott de l’apartheid en Afrique du sud, la fin de la guerre au Vietnam, la fin du franquisme, la révolution des œillets au Portugal, le départ du chilien Pinochet…

Mais les jeunes d’aujourd’hui pourront eux aussi faire valoir quelques combats glorieux aux yeux de leurs descendants : l’abrogation du CPE (Contrat première embauche) en 2008, les zad de NDDL et de Sivens, les manifestations des Printemps arabes, celles de Standing Rock contre le projet de pipeline à travers le territoire sioux…

Bousculer le cours lénifiant de l’histoire ?

L’histoire poursuit imperturbablement son cours avec ses passages lénifiants et quelques soubresauts tumultueux qu’on voudrait voir plus nombreux et plus décisifs. Deux choses distinguent le passé du présent dans la chronique que l’on en fait :

quand l’évocation du passé offre un raccourci elliptique séduisant d’événements artificiellement rapprochés les uns des autres, la chronique du présent s’éternise au fil d’un quotidien aussi lancinant qu’interminable ;

enfin et surtout, les événements subversifs qui marquent une époque commencent toujours par venir de minorités agissantes que les majorités peinent (ou se refusent) à voir émerger.
Il me semble que notre époque ne vaut pas pire ou mieux que celles qui la précédaient. C’est aux jeunes de tracer leur piste aujourd’hui. Leur tâche est rude car il ne leur faudra pas se contenter de petits bonheurs marginaux, mais se débarrasser sans ménagement des salopards qui leur bouchent l’horizon.

Pas sûr qu’ils soient moins préparés que nous le fûmes pour y parvenir. Faut-il rappeler que c’est pendant les pires périodes de crise que furent conquises de haute lutte les plus grandes avancées sociales ?

Bon allez, je reconnais que c’est un peu court comme conclusion. Mais que nous reste-t-il à espérer d’autre ?




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