Procès Merah : la douleur des familles et le droit.

vendredi 3 novembre 2017
par  Julien Kolere
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Le parquet général de Paris fait appel du verdict de la cour d’assises qui a condamné jeudi Abdelkader Merah à 20 ans de réclusion criminelle pour association de malfaiteurs terroriste, mais l’a acquitté du chef de complicité des assassinats commis par son frère Mohamed en 2012, a-t-il annoncé vendredi.

Le ministère public a estimé dans un communiqué que la cour d’assises spéciale de Paris "n’avait pas tiré toutes les conséquences juridiques des faits qui lui étaient soumis", notamment pour avoir acquitté Abdelkader Merah de la "complicité d’assassinats" qui lui était reprochée.

Eric Dupond-Moretti, avocat d’Abdelkader Merah, à la Cour d’assises de Paris, le 2 novembre 2017

L’appel du parquet général concerne également Fettah Malki, condamné à 14 ans de prison pour avoir vendu l’arme et le gilet pare-balles à Mohamed Merah en connaissant sa radicalisation.

"Rien ne me surprend", a réagi l’avocat d’Abdelkader Merah, Eric Dupond-Moretti, joint par l’AFP.

L’accusation avait requis la perpétuité contre Abdelkader Merah et 20 ans de réclusion criminelle contre Fettah Malki.

Après cinq semaines d’un procès sous haute tension, la cour a souligné que Mohamed Merah a "toujours été seul" au moment où il a commis les sept assassinats, les 11, 15 et 19 mars 2012 à Toulouse et Montauban, avant d’être tué par le Raid le 22 mars.

"S’il partageait bien les motivations" du jihadiste, "aucun élément de la procédure ne montre" qu’Abdelkader Merah "connaissait les objectifs visés et les crimes commis par son frère", a-t-elle dit.

Latifa Ibn Ziaten, mère du premier soldat tué par Mohamed Merah, à la Cour d’assises de Paris, le 2 novembre 2017

Abdelkader Merah a été condamné à la peine maximale pour association de malfaiteurs terroriste. Le verdict n’a pas satisfait des figures emblématiques des parties civiles. "On est trop naïf en France. Il faut qu’on se réveille pour protéger notre pays, pour protéger nos enfants", a réagi Latifa Ibn Ziaten, mère du premier soldat tué par Mohamed Merah. Les magistrats "n’ont pas été jusqu’au bout", selon elle.

Dans l’éventualité d’un nouveau procès, "je voudrais qu’on évoque le contexte de ce procès qui pose la question de la victime dans le procès pénal, du poids de l’opinion publique, de l’image de l’institution judiciaire et de la façon dont le terrorisme nous a anesthésiés", avait déclaré Me Dupond-Moretti sur France Inter, avant l’annonce de l’appel du parquet général




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