Jean Fontaine l’intellectuel prêtre- citoyen

dimanche 2 mai 2021
par  Zeineb Chères

j’ai connu Jean en 1965, c’était un camarade de promotion dans le département d’arabe, nous sortions en bande de camarades pour aller au cinéma, débattre des films d’Hitchcock , de Fellini et d’autres ; la cinémathèque d’Ibn Khaldun nous réunissait et la Faculté des lettres du 9 avril scellait nos liens d’amitié.

Jean avait un statut spécifique à titre de camarade homme, il avait l’avantage de pouvoir visiter ses amies femmes et tisser les liens entre les copains disséminés.

Il n’hésitait pas à taper à la porte quand bon lui semblait et était reçu à bras ouverts par mes parents qui le retenaient à diner.

Sympathisant de la gauche , il n’a jamais dissimulé sa solidarité avec les détenus politiques de 68, 74 et 75 et était mis à l’index par les autorités tunisiennes.

On lui refusa injustement la nationalité tunisienne.

Jean était féministe et a contribué à la promotion de nombreuses femmes de lettres arabisantes dont il relisait les écrits et auxquelles il prodiguait ses conseils avec générosité et bienveillance.

Sa voiture deux chevaux légendaire lui permettait de rejoindre ses amis ici et là , d’aller en Algérie, de rejoindre la mer qu’il aimait de tout son être.

Un prêtre peu conformiste , Jean était un citoyen qui vibrait aux rythme des problèmes de son pays (la Tunisie) son inquiétude s’est épanchée en écrits inédits sur la littérature arabe et particulièrement tunisienne.

En 2016 , il publie son livre sur le salafisme en Tunisie.

Bien qu’astreint aux contraintes de l’Ordre pontifical , Jean Fontaine faisait de sa foi une force spirituelle qu’il investissait en créativité et en pratiques humanitaires salutaires (en direction des Lettres Arabes, des prisons et des nécessiteux).

Une oeuvre immense perpétue sa mémoire .

Repose en paix l’ami, le Tunisie te pleure.



Nous aimons !

« Les Siestes du grand-père »


Chibanis


Hercules 1959