Économie, Climat : La Chine est un partenaire obligé

jeudi 18 novembre 2021
par  Francis Wurtz

« Le spectre d’un ralentissement de la Chine pèse sur l’économie mondiale » titrait récemment « Le Monde ».

Evoquant une prévision de croissance en baisse par rapport aux 8% initialement envisagés à Pékin pour 2022, l’un des experts cités par le quotidien notait à ce propos : « Le monde s’est tellement habitué à ce rythme élevé qu’il en a oublié les bénéfices qu’il en retirait », tandis qu’un autre prévenait « Personne ne peut prendre le relais de la Chine, car aucun pays n’a sa taille » ( [1]).

Trois semaines plus tôt, le quotidien économique « Les Echos » évoquait déjà le « risque » que « le monde s’enrhume » quand « la Chine éternue » ( [2]).

C’est particulièrement vrai pour l’Europe.

Voilà qui devrait suffire à mesurer combien il serait contre-productif de suivre Biden dans sa guerre économique et sa croisade politique contre Pékin.

Mais il y a plus, car le raisonnement vaut tout autant pour la lutte, vitale, contre le dérèglement climatique.

Sans une étroite coopération avec la Chine sur ce terrain crucial, les Européens peuvent dire adieu aux espoirs nés à la Conférence de Paris de 2015.

A quoi rime, dès lors, la campagne de dénigrement menée contre Pékin à ce sujet ?

De fait, l’image de la Chine qu’on délivre au « grand public » à ce propos tient en deux formules : la Chine est « le premier pollueur de la planète, loin devant les Etats-Unis » et « à rebours des appels de la communauté internationale à décarbonner , la Chine rouvre de mines de charbon ».

C’est ce qui s’appelle des mensonges par omission.

En effet, on « oublie » de rappeler que l’on compare ainsi deux pays de dimension sensiblement différente.

En effet, si l’on se réfère aux émissions de gaz à effet de serre par habitant, ce sont les États-Unis qui polluent plus de deux fois plus que la Chine !

Par ailleurs, s’il est exact que, pour des raisons conjoncturelles (pénurie d’électricité), Pékin -historiquement très dépendant au charbon- a bien repris l’exploitation de mines à l’arrêt , pourquoi taire ses efforts gigantesques déployés parallèlement dans les énergies renouvelables qui font aujourd’hui de la Chine -comme pays- le No 1 mondial dans l’éolien, le solaire et l’hydroélectricité, et de loin !

De même, faut-il rappeler que l’engagement de Pékin d’atteindre la neutralité carbone avant 2060 et un pic d’émissions avant 2030, minimisé par certains commentateurs en marge de la COP 26, avait été qualifié -dans les conditions propres à la Chine- de « tournant historique » par de nombreuses ONG ( [3]).

Autant il ne s’agit pas de s’auto-censurer sur les critiques légitimes à formuler vis-à-vis de la Chine comme de tout autre pays, autant rien ne justifie de jeter le discrédit sur un pays dont nous sommes, qui plus est, durablement, un partenaire obligé.


[1Le Monde (7/11/2021)

[2Les Échos (18/10/2021)

[3La Tribune (22/9/2021)



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