La gauche ne fait plus, et ne fera plus, le printemps (1)

1re Partie
dimanche 27 janvier 2008
par  Patrick Mignard

L’a-t-elle fait d’ailleurs une fois dans son histoire ? Oui, on peut dire qu’elle l’a fait du moins dans les têtes et dans les cœurs, mais certainement pas dans le changement des rapports sociaux. Ces expériences qui font partie de sa légende sont entrain de « tourné au vinaigre ».

Qu’en reste-t-il véritablement aujourd’hui ? Rien ou pas grand-chose, une nostalgie dont on ne sait plus très bien s’il faut en rire ou en pleurer.

La Gauche a peut-être fait le printemps, mais elle n’a jamais tenu jusqu’à l’été.

Si l’Histoire ne se reproduit que sous forme de farce, c’est à un véritable opéra-bouffe que nous assistons aujourd’hui.

DES « ESPOIRS INSENSES » AUX « ILLUSIONS PERDUES »

Après une courte période au tournant des 19e et 20e siècle, durant laquelle le mouvement disons « progressiste » à remis clairement en question les fondements du système marchand (citons l’ancien article 2 des statuts de la CGT appelant à « l’abolition du salariat et du patronat »), la Gauche n’a plus réellement menacé le système… dans certains pays elle l’a même carrément et farouchement défendu : l’Allemagne d’après la 1er Guerre Mondiale par exemple. Le syndicalisme quant à lui a peu à peu sombré dans la cogestion critique ou la contestation molle,…au choix.

Il faut dire qu’à cette époque où les pays développés avaient encore un empire colonial et quasiment le monopole de la technologie, de la production et de la distribution, il y avait pas mal de« gâteau à partager ». Tout le monde s’accordait à considérer cette situation comme éternelle.

Même après la Deuxième Guerre Mondiale, les « Trente Glorieuses » n’ont fait que renforcer cette attitude de « surfer » sur les délices d’un système théoriquement honni mais au taux de croissance exceptionnel et réalisant un quasi plein emploi. La gestion du système (le PS et la 4e République) et la défense névrotique de l’URSS pour le PC, ont permis la structuration d’une Gauche qui lorsqu’elle a perdu sa place en 1958 n’a plus qu’espéré une chose : revenir au pouvoir et montrer ses capacités gestionnaires.

La Gauche s’est ainsi installée dans la situation confortable d’une contestation placide, se contentant de critiquer les mesures, et attendant des jours meilleurs en répétant inlassablement, au point que nombreux l’ont cru, « qu’on allait voir ce que l’on allait voir ». Mais on va le voir : on ne se tire pas sans dommages d’une longue hibernation.

1981. Après un départ sur les chapeaux de roues…la Gauche allait soit disant terrasser le chômage (entre autre). Le spectacle ne fut pas à la hauteur des espérances, ni dans la gestion des affaires, ni dans le comportement du personnel politique. La gauche ne fit pas plus mal que la Droite… elle fit, sur le moyen terme, ce qu’aurait fait, à quelques détails près, cette dernière. Rien ne changea sur le fond… malgré,par exemple, les nationalisations qui devaient être le « fer de lance » du changement…. Non seulement rien de changea… mais petit à petit elle initia une politique qui rejoint celle de la Droite… la cohabition en fut son sacrement politique.

Le temps des « illusions » était passé et en l’absence de stratégie de changement, dans un contexte où la mondialisation marchande, la perte des empires coloniaux, la redistribution des cartes énergétiques ont singulièrement compliqué la tâche des nouveaux gestionnaires, ceux-ci se glissèrent peu à peu dans les habits d’un libéralisme économique dont on peut apprécier, et ça ne fait que commencer, les dégâts dans tous les domaines.

ADIEUX VEAUX ,VACHES, COCHONS, COUVEES !….

La Gauche au pouvoir n’est plus Marianne à l’air avenant et à la poitrine généreuse, mais plutôt Perrette et son pot au lait… du moins pour la partie de la population qui dansait le soir du 10 mai 1981.

Les promesses de changements sont restées « lettres mortes ». Oh ce n’est pas que la politique économique de la Gauche ait été catastrophique… Sur un plan gestionnaire, pas plus catastrophique que le Droite… il suffit de voir les indices boursiers de l’époque. Le problème c’est que la Gauche s’est considérée, malgré son discours, dans la même problématique que la Droite et à parfaitement épousé les principes de gestion (rentabilité) et les orientations libérales.

Les choix sur des principes de défense de solidarité, de service public, de priorités sociale ont été abandonnés et n’ont plus été évoqués que dans les discours le soir de scrutins électoraux et dans les congrès bien, et souvent trop, arrosés.

Le rêve d’une Gauche telle qu’elle se définissait mythiquement, du moins tel qu’on l’imaginait avant son accession au pouvoir s’est définitivement brisé sur la réalité de sa pratique politique.

Le désarroi citoyen qui couvait un œuf depuis des mois a donné naissance à un bien curieux poussin : le 21 avril 2003.

POUVAIT-IL EN ETRE AUTREMENT ?

Le discours de la Gauche n’a toujours été en fait qu’un discours et, si l’on y réfléchi bien, les réformes qu’elle a pu réaliser, en France comme ailleurs, ne sont que des mesures qui étaient « acceptables », « digérables » par le système marchand, à l’exclusion de toute mesure qui pouvait porter atteinte à sa domination. C’est, il faut le constater, toujours, au nom du « réalisme » que la Gauche est toujours restée en deçà de ce qui pouvait l’impliquer dans un affrontement avec les lois du système. Son discours a parfois dépassé les limites acceptables pour le système, sa pratique politique jamais.

En effet, les mesures mises en place par la Gauche n’ont jamais porté atteinte aux fondements du système marchand, ni au moment du Front Populaire, ni à la Libération, ni évidemment sous Mitterrand et ni finalement avec Jospin…

La Gauche, et j’y inclus évidemment le PCF, celle que l’on a vu, ou plutôt entendu, (Changer la vie !... la bonne blague !) avant qu’elle prenne le pouvoir est morte et définitivement enterrée, simplement parce qu’à un moment donné, lors de son arrivée au pouvoir, il a bien fallu qu’elle montre ce dont elle était capable. L’expérience a été édifiante !

Sa pratique politique n’a fait que reproduire ce qu’avait fait la Droite. Elle s’est glissée dans les habits de la démocratie marchande, dans ceux de la 5e République (celle du « Coup d’Etat permanent »-dixit un certain F.MITTERAND) », ne considérant les citoyens que comme des instruments électoraux lui permettant d’accéder au pouvoir. Jamais, à aucun moment elle n’a suscité, impulsé, aidé à une organisation alternative des rapports sociaux, à la mise en place d’une logique économique nouvelle fondée sur le respect de l’individu.

On ne peut pas dire qu’elle a échoué,… elle n’a rien fait.

Doit-on s’en étonner ? Non. Pourquoi ? Parce que, toute pratique politique qui ne se fonde pas concrètement sur une pratique alternative des rapports sociaux est irrémédiablement condamnée à reproduire les rapports dominants. Ce n’est pas moi qui le proclame, c’est l’Histoire qui nous l’enseigne. Or, la Gauche n’a jamais eu, peut-être au 19e à ses débuts, encore qu’elle ne s’appelait pas la Gauche, l’intention, le projet de fonder sa politique sur une telle démarche. La dérive que l’on connaît était donc inscrite dès le début dans son attitude.

Le discours de gauche, aussi radical soit-il, du fait de l’absence absolu de projet concret se fondant sur une pratique est nul et non avenu… Toutes les expériences « de Gauche » l’on désormais largement démontré,… et ce, partout dans le monde et à toutes les époques…. Et jusqu’à aujourd’hui :



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