La gauche ne fait plus, et ne fera plus, le printemps (2)

2e partie
samedi 26 janvier 2008
par  Patrick Mignard

Tous les acquis sociaux qui ont fondé la légitimité historique de la « Gauche » sont en voie de disparition, et elle est incapable de les sauver. Comme elle s’est convertie, pour sa partie PS, au système d’économie de marché, et comme elle n’a aucune stratégie pour la dépasser dans sa partie « Gauche de gauche », on peut se demander ce qui signifie le discours de gauche.

Un « discours de gauche » c’est facile à tenir… mais ensuite ?

QUEST-CE , AUJOURDHUI, QU UN « DISCOURS DE GAUCHE » ?

Ne nous méprenons pas, un discours politique (au sens traditionnel du terme) ne peut, aujourd’hui, que se fonder sur des promesses, en aucun cas sur une pratique, ce sont elles, les promesses, qui fondent les espoirs et donc la motivation et la décision de l’électeur… c’est la seule chose qui intéresse le candidat, politicien, et d’ailleurs la seule chose qu’il est capable de proposer. Le drame, c’est que la « Gauche de la gauche » est entrain de faire la même erreur et de prendre le même chemin….

Ne nous contentons pas que du discours, mais au contraire inversons le rapport.

Posons la question :

« Votre discours, vos promesses se fondent sur quoi, sur quoi de concret, sur quelle pratique ? »

« Quand vous dites qu’un « monde est en marche« … où est-il ce monde ? Où en sont les prémisses ? »

Le politicien, et même le militant est évidemment incapable de répondre à cette question. Tout dialogue avec lui est stérile en ce sent qu’il ne porte que sur des intentions…

Le discours, son discours, ne passe pas/plus parce qu’il est vide. Vide de toute référence concrète, vide de toute pratique, vide d’expériences qui montrent, qui prouvent, qui pourraient convaincre qu’un changement est possible, que de nouvelles relations sociales sont possibles, que de nouveau rapports sociaux sont viables.

Le discours de Gauche n’est qu’un discours qui s’auto justifie, qui se ment à lui-même, il n’est porteur de rien de concret. Il fonctionne en circuit fermé. Il fait appel à l’affect (fidélité) ou à des slogans marketing (style « 100% à gauche » ou « un autre monde est en marche ») qui ne recouvrent aucune réalité concrète

En dehors d’une telle conception du politique, je soupçonne, et même j’accuse, tout politiciens de manipulation, de mystification, d’incompétence et de tentative d’extorsion du pouvoir (qui est bien plus grave que l’extorsion de fonds) à des fins personnelles et/ou partisanes. Ceci est vrai pour la Droite qui assume le système qu’elle gère…, mais aussi vrai pour la Gauche et ses satellites (en orbite basses et hautes) qui elle « théoriquement » remet en question ce système en tout ou partie…

Mais, l’ambition politique recule à l’infini les limites du culot et finalement du ridicule.

Qu’un ancien premier ministre, et pas n’importe lequel, celui qui a stoppé net la « phase sociale » de l’expérience de la Gauche au pouvoir, puisse aujourd’hui se présenter comme le « leader » de la défense du social a quelque chose de surréaliste et d’indécent…. Souvenez vous de la campagne sur le TCE.

Que des « révolutionnaires », obnubilés par les résultats électoraux (encore qu’ils en ont une interprétation plus qu’optimiste…) et la popularité médiatique de leur leader soient prêt à marcher dans les combines politiciennes, n’aient qu’une vision marketing de l’action politique, ne peut que laisser songeur sur leurs véritables intentions et la pertinence de leurs analyses et de leurs intentions.

C’est d’un ridicule qui ferait rire si ce n’était pas en fait l’expression d’une vision totalement aberrante de ce qu’est l’Histoire et un mépris souverain de ce qu’autrefois on osait encore appeler le Peuple.

LA GAUCHE SERT-ELLE ENCORE A QUELQUE CHOSE ?

Pour ce qui est du changement de système la réponse est bien entendu non.

Par contre elle représente une utilité certaine pour donner l’illusion aux citoyens qu’ils sont dans un système qui, du fait de l’alternance, peut permettre le changement…. Alors qu’il est aujourd’hui démontré et évident qu’il n’en est rien.

L’astuce de la démocratie marchande consiste à faire croire que l’alternance Droite-Gauche, et l’existence d’une « opposition-croupion » d’extrême gauche poussiéreuse et folklorique est non seulement une caractéristique et une garantie du « fonctionnement démocratique », mais qu’encore elle permet le changement. Droite et Gauche ont besoin l’une de l’autre, et ce dans tous les pays « démocratiques ». Une des définitions de ce que l’on appelle pompeusement la « démocratie moderne » est justement cette alternance qui donne l’apparence du changement mais qui en fait verrouille tout.

L’énergie militante déployée par les milliers d’adhérent-e-s des organisations de Gauche est ainsi dépensée en pure perte. Les grandes messes électorales, les défilés processions, les manifestes, les pétitions, les affiches consciencieusement collées, les tracts besogneusement distribués, l’argent généreusement versé… n’ont rien changé et ne changeront rien au rapports sociaux dans lesquels nous vivons. Il ont un intérêt cependant : ils permettent à des bureaucrates d’accéder à des fonctions où il seront grassement payés et bénéficieront de privilèges exorbitants (faut-il citer des noms et donner des exemples ?).

La Gauche restreinte et/ou large, à 10% ou à 100% (?) est incapable de résoudre le problème de l’exclusion sociale et de la préservation de l’environnement. Pourquoi ? Simplement par ce que sa problématique économique est rigoureusement identique à celle de la Droite… elle ne remet à aucun moment en question le salariat et n’a aucune stratégie pour y parvenir.

L’illusion que peut procurer la Gauche, l’espoir qu’elle peut encore faire miroiter est la garantie essentielle, sur le plan politique de la pérennité pour le système marchand et de la pérennité des bureaucraties qui l’incarnent.

L’INEVITABLE DERIVE DE LA « RADICALITE » ?

Durant tout le 20e siècle, et encore aujourd’hui, et partout dans le monde le « destin » de la radicalité en politique semble être de s’« émousser » et/ou de se perdre dans les imprécations. Toutes les organisations politiques, qui tenaient, ou qui tiennent un discours radical, un discours sur le changement de société ont toutes sombré dans la collaboration, la participation, le réformisme, l’électoralisme,… voire dans l’invective et pour certaines le terrorisme verbal ou armé… bref n’ont rien changé. Certaines ont fait leurs les principes du système marchand, d’autres les ont irrémédiablement condamné mais sans trouver la moindre issue pour en sortir. Même celles qui ont réussi à prendre le pouvoir ont toutes, sur le long terme, échoué.

Y aurait-il une fatalité par le caractère indépassable du système marchand et donc par le caractère totalement utopique et irréaliste des projets de changement ? C’est l’hypothèse que voudrait bien faire valider les profiteurs du système… ils sont d’ailleurs parfaitement secondés en cela par les escrocs des « politiques de gauche ».

En dehors de cela, toute radicalité est décrétée « utopie », autrement dit irréaliste.

La période n’est plus aux fausses solutions et aux pratiques obsolètes. La dégénérescence de la pensée politique a produit une caste parasite qui entretient et se nourrit de notre propre impuissance.

Le concept de « radicalité » doit-être réexaminé à la lumière des erreurs du passé, des contradictions du présent et des impératifs de l’avenir et non plus simplement en terme de marketing politique, mais en terme de pratique alternative concrète.

La radicalité doit fonder une pratique sociale innovante et en rupture avec les règles sociales et économiques des rapports marchands. Sans praxis, point de salut. Le problème c’est que dans les organisations de la Gauche de la gauche, on ne sait pas/plus ce qu’est la praxis. J’exagère ? Faites l’expérience, demandez aux militant-e-s !

Nous devons sortir laradicalité des méandres de la langue de bois politique en lui donnant une dimension sociale. La radicalité n’a de sens que quand elle est l’expression d’une pratique.

Les dérisoires victoires électorales enflamment régulièrement les militants chauffés à blanc par des bureaucraties parisiennes qui n’aspirent qu’à une chose : profiter du pouvoir. Faire confiance à tous ces bonimenteurs, aussi convaincants soit-ils c’est se condamner à reproduire le système tel qu’il est.

La Gauche n’est qu’une coquille vide jetons la dans les poubelles de l’Histoire . Elle ne fera plus le printemps.



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