Pour mémoire !!

dimanche 18 octobre 2015
par  Jacques Soncin

Le 17 octobre 1961 sous la présidence du général de Gaulle, alors que Roger Frey était ministre de l’intérieur, sous la houlette du préfet de police Maurice Papon eut lieu en France, à Paris, le plus important massacre de manifestants d’après 1945.

A cette époque, les pourparlers entre le gouvernement français et Fln étaient déjà bien avancés et tout le monde savait que l’indépendance de l’Algérie n’était plus qu’une question de mois. Mais la haine des spécialistes de la haine était toujours là ! Le petit préfet Papon, un nuisible bien connu puisqu’il avait officié à Bordeaux pendant la collaboration où il avait contribué à la déportation des Juifs pour le compte de la Geheime Staatspolizei (Gestapo), avait décidé d’entraver la levée de l’impôt révolutionnaire par le Fln. Pour cela, il fallait rendre difficile la circulation des militants le soir, après le travail. Il imposa donc un couvre-feu sélectif, c’est-à-dire raciste, à tous les travailleurs venus des départements français d’Algérie.

Pour protester contre cette atteinte insupportable aux conditions de vie de ces travailleurs et pour défendre leurs droits élémentaires de circulation, le Fln France, alors dirigé par Ali Haroun, appela à une grande manifestation le 17 octobre 1961.

Le texte de l’appel était clair : il s’agissait d’un défilé pacifique, sans armes, sans batons, sans couteaux !

Mais le sinistre criminel à la tête de la police parisienne ne voulait pas en rester là. Il organisa une véritable propagande parmi les policiers, auprès desquels il n’était pas besoin d’insister beaucoup pour soulever leur violence. Dès le début de la manif, la hiérarchie fit courir le bruit mensonger que des policiers avaient été tués à tel ou tel endroit et on lâcha ces hommes armés et fanatisés qui allaient se ruer comme des chiens fous contre les dizaines de milliers de travailleurs qui n’étaient là que pour l’un des droits fondamentaux écrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans le préambule de la Constitution française.

Tirs à balle réelles, bastonades à mort et surtout noyades de masse ! Les policiers sur un bord de la Seine repoussaient les manifestants sur un pont dont d’autres pandorres avaient bloqué l’issue et ils chargeaient des deux côtés à coups de matraque ou par des tirs d’armes à feu et ils jetaient les corps inanimés dans le fleuve. On repêchera des cadavres pendant plusieurs années.

Le Fln estima immédiatement après les faits à 600 le nombre de morts. Aujourd’hui on est sûr d’au moins deux cents mais il est plus vraisemblable qu’il y ait eu 400 tués ce jour là.

De Gaulle fut paraît-il très irrité par cette paponnerie mais il ne publia pas sa colère et ne la fit pas payer à l’ancien collabo.

Maurice Papon fut condamné, quarante ans après la fin de la guerre, pour ses crimes pendant l’occupation mais il n’eut jamais à rendre compte du massacre du 17 octobre 1961.

Bertrand Delanoë, lorsqu’il devint maire de Paris, fit apposer une plaque commémorant ce massacre.

François Hollande, président de la République, reconnut officiellement ce crime en 2012.
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Pour en savoir plus deux livres :
- La Bataille de Paris de Jean-luc Einaudi.
- Meurtre pour mémoire de Didier Daeninckx



Nous aimons !

« Les Siestes du grand-père »


Chibanis


Hercules 1959