Apologie pour l’insurrection algérienne

jeudi 1er juin 2017
par  Paroles Citoyennes

Auteur : Jaime Semprun

Le soulèvement actuel du Rif, au Maroc, invoque les images de celui de 2001 en Algérie.

À cette période, l’écrivain et éditeur Jaime Semprun remarque le silence qui entoure ce qu’il nomme sciemment « l’insurrection algérienne » — et non pas seulement kabyle.

Nombreux sont en effet ceux qui cherchent à cantonner ce soulèvement à la Kabylie, à en faire une colère avant tout identitaire, berbériste et séparatiste.

L’auteur ne se contente pas de faire la chronologie des événements ; il défend les insurgés, contre leurs détracteurs, contre le silence. Le 18 avril 2001, Massinissa Guermah, 18 ans, est tué dans les locaux de la gendarmerie d’une commune de Tizi-Ouzou. Des émeutes éclatent dans plusieurs villes de Kabylie, et dans d’autres régions du pays. « Oulach smah, oulach ! » (« Pas de pardon, jamais ! ») Les insurgés « nettoient le terrain de toutes les expressions matérielles de l’État » ; ils détruisent et brûlent gendarmeries, tribunaux, locaux de sociétés publiques, sièges de partis. « Vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts ! »

En Kabylie, le mouvement s’auto-organise en comités de villages et rejette toute ingérence des partis et des syndicats. Les institutions villageoises traditionnelles, les âarouch, constituent alors un socle dont l’histoire est racontée par l’auteur français. La présence centrale de cet élément « du passé » dans le mouvement donne l’occasion aux « progressistes » de le qualifier d’archaïque. Pourtant, « de mémoire d’étatiste », ces assemblées n’ont jamais disparu ; « ce sont plutôt elles qui ont vu passer et s’anéantir plusieurs formes de domination étatique ».

Une plateforme de revendications sociopolitiques est rédigée et, le 14 juin, des centaines de milliers de manifestants marchent vers la capitale. Ils sont bloqués à l’entrée d’Alger puis violemment réprimés. S’il défend le mouvement des âarouch, Semprun a conscience de ses limites, autant que des tentatives de récupération et d’affaiblissement par le pouvoir.
Son propos témoigne d’une fine connaissance du contexte algérien, de l’histoire coloniale et post-indépendante dans laquelle il puise pour tenter de comprendre le présent. Publié en septembre 2001, ce texte diffère des analyses sociologiques et économiques du « Printemps noir » (plus de 120 morts) écrites plus tardivement, en s’inscrivant dans le contexte du soulèvement. D’une grande force politique, cette apologie pour l’insurrection est une ressource précieuse au regard du passé, des soulèvements présents ou à venir.

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