Face à la déferlante du Covid-19, la Tunisie appelle à l’aide internationale

mercredi 14 juillet

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« Tous les indicateurs sont au rouge » en Tunisie. Le pays est dépassé par la crise sanitaire du Covid-19, selon l’Organisation mondiale de la santé. On déplore plus de cent morts quotidiens et 16 000 décès au total. Le plus fort taux de mortalité de tout le continent et du monde arabe. Les infrastructures de santé, notoirement sous-équipées, sont débordées et le pays compte plus que jamais sur l’aide internationale pour faire face.

Gardez le contact !

Plusieurs pays ont déjà répondu à l’appel. La France a mis la Tunisie sur liste rouge, mardi 13 juillet, avant d’annoncer l’envoi imminent de plus de 300 000 doses de vaccins ainsi que de l’équipement médical. L’Arabie saoudite, l’Algérie, le Maroc, les États-Unis, la Turquie ou encore les Émirats arabes unis ont aussi envoyé ou promis un soutien matériel aux hôpitaux tunisiens. Un appel à l’aide a également été adressé à la diaspora tunisienne, via le réseau diplomatique, et massivement relayé sur les réseaux sociaux par des Tunisiens très conscients de la déchéance de leur système de santé.

Un système de santé à bout de souffle

Le système « s’est effondré », concédait même une porte-parole du ministère de la Santé, avant d’être désavouée. Les hôpitaux, qu’ils soient publics ou privés, sont actuellement saturés. Mais le manque de moyens alloués au système public de la santé est flagrant depuis le début de la pandémie. Les Tunisiens se souviennent encore de ce jeune chirurgien, Badreddine Aloui, mort l’an dernier dans la chute d’un ascenseur défectueux dans un hôpital du nord-ouest du pays. Cet incident avait entraîné un mouvement de contestation chez le personnel médical.

En plus de la pénurie de moyens matériels – concentrateurs d’oxygène, masques, gants – les hôpitaux manquent de bras. Médecins et infirmiers sont épuisés et pas remplacés. Il n’y a pas assez de spécialistes en réanimation et en anesthésie. C’est d’ailleurs le rejet de ce système en ruines qui accélère le départ à l’étranger de centaines de médecins chaque année, créant ainsi un cercle vicieux.

Une campagne de vaccination trop lente

Cinq pour cent de la population est vaccinée, une proportion trop éloignée des objectifs que s’était fixé le gouvernement de vacciner trois millions de personnes fin juin. Cette lenteur s’explique par le retard pris par les autorités pour préparer le terrain législatif nécessaire, qui a conduit à démarrer la campagne seulement en mars dernier. Comme d’autres pays du continent, la Tunisie souffre des retards de livraison des doses promises dans le cadre de l’initiative mondiale Covax. Il faut ajouter à cela une communication gouvernementale balbutiante face à des Tunisiens encore en partie soupçonneux vis-à-vis du vaccin, voire insouciants face au danger. Enfin, le manque de personnel pour procéder aux vaccinations parachève de noircir le tableau de cette campagne vaccinale fastidieuse.

Vers un confinement drastique ?

Selon le conseil scientifique tunisien, seul un confinement général de plusieurs semaines pourrait faire baisser considérablement les chiffres. Celui qui avait été décrété l’an dernier avait permis à la Tunisie de sortir de la crise avec seulement une cinquantaine de morts. Mais la situation économique du pays l’empêche de réitérer l’opération. 1,5 million de Tunisiens travaillent dans le secteur informel. À Kairouan, plus de la moitié de la population vit avec moins de 5 dinars par jour, soit l’équivalent de 1,50 euro. Fin juin, le gouvernement a décrété un confinement général d’une semaine pour répondre à l’urgence sanitaire tout en espérant sauver le début de la saison touristique. Désormais sur les listes rouges de plusieurs pays, la Tunisie peut faire une croix sur un rebond économique permis par l’accueil de touristes cet été.

Une crise économique latente

Et c’est autant de ressources en moins pour un État déjà exsangue et lourdement endetté. La Tunisie doit rembourser d’ici à la fin de l’année 4,5 milliards d’euros à ses créanciers notamment à l’étranger et doit encore trouver de quoi boucler un budget 2021, forcément affecté par la gestion de la crise. L’accord avec le Fonds monétaire international pour obtenir un soutien de 3,3 milliards de dollars est toujours dans les limbes faute d’accord politique et en raison des contreparties exigées. Parmi celles-ci, la réduction de la masse salariale dans la fonction publique.


Chez nos copains... : Source RFI

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