« Leur assassinat ne restera pas impuni » : Alger accuse le Maroc d’avoir tué trois routiers algériens

vendredi 5 novembre

Alors que les attaques des Sahraouis contre les forces marocaines se sont multipliées ces derniers jours et qu’Alger rejette toute reprise des négociations, ce drame pourrait annoncer des hostilités plus franches

Selon un communiqué de la présidence algérienne, trois ressortissants algériens ont été « lâchement assassinés » par un « bombardement barbare » de leurs camions, le 1er novembre, alors « qu’ils faisaient la liaison Nouakchott-Ouargla [entre la Mauritanie et l’Algérie] dans un mouvement naturel d’échanges commerciaux entre les peuples de la région ».

La présidence de la République a fait état « de plusieurs facteurs désignant les forces d’occupation marocaines au Sahara occidental » comme « ayant commis, avec un armement sophistiqué, ce lâche assassinat ».

Le site Mena Défense avait donné l’information mardi, précisant que « les deux camionneurs à bord de leurs véhicules en étaient à leur premier voyage et étaient accompagnés par un troisième Algérien de Ouargla [sud du pays] habitué au trajet ».

L’armée marocaine a bombardé , 1er novembre, dans l’après-midi deux camions de transports algériens qui faisaient la liaison Nouakchott-Ouargla faisant trois morts.

Les images non vérifiées de deux poids lourds calcinés présentés comme les camions visés par les Forces armées marocaines ont circulé sur les réseaux sociaux.

« Les autorités algériennes ont aussitôt pris les dispositions nécessaires pour enquêter sur cet acte ignoble en vue d’élucider les circonstances qui l’ont entouré », note le communiqué de la présidence algérienne, qui prévient : « Leur assassinat ne restera pas impuni. »

Plusieurs accrochages

En fin d’après-midi, des rumeurs annonçaient la réunion d’urgence du Haut conseil de sécurité algérien.

Cette évolution dramatique intervient dans un climat de fortes tensions entre Alger et Rabat.

L’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc le 24 août. Sur le dossier litigieux du Sahara occidental – territoire contesté sur lequel le Maroc réclame la souveraineté et pour lequel l’Algérie demande un référendum d’autodétermination sous l’égide de l’ONU –, s’est greffé un autre motif de désaccord : la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël.

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Alger accuse Rabat de mener, depuis « l’indépendance de l’Algérie, des actions hostiles, inamicales et malveillantes à son encontre ».

Le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, a ainsi attribué aux dirigeants marocains « la responsabilité des crises successives qui nous ont fait rentrer dans un tunnel sans issue ».

Sur le terrain, les accrochages se sont multipliés ces dernières semaines entre les Forces armées royales du Maroc (FAR) et les troupes du Front Polisario.

Rabat contrôle près de 80 % du Sahara occidental, vaste territoire désertique au riche sous-sol et bordant des eaux poissonneuses, alors qu’Alger soutient les indépendantistes sahraouis du Polisario.

Ce dernier réclame un référendum d’autodétermination sous l’égide de l’ONU, qui avait été prévu lors de la signature d’un cessez-le feu en 1991.

Les indépendantistes sahraouis ont rompu le 13 novembre 2020 la trêve avec le Maroc, après le déploiement de forces marocaines à Guerguerat, zone démilitarisée placée sous la tutelle d’une force d’interposition de l’ONU.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé la semaine passée les « parties » au conflit à reprendre les négociations « sans pré-conditions et de bonne foi », en votant une résolution prolongeant d’un an le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Une résolution rejetée par Alger.

« Si l’Algérie veut la guerre, le Maroc n’en veut pas »

En fin de journée, une source marocaine a réagi sous couvert d’anonymat en déclarant à l’AFP que le Maroc ne se laisserait pas entraîner dans une guerre avec l’Algérie.

« Si l’Algérie veut la guerre, le Maroc n’en veut pas. Le Maroc ne sera jamais entraîné dans une spirale de violence et de déstabilisation régionale », a déclaré à l’AFP cette source, qui a déploré des « accusations gratuites » contre le Maroc.

« Si l’Algérie souhaite entraîner la région dans la guerre, à coups de provocations et de menaces, le Maroc ne suivra pas. Le Maroc n’a jamais ciblé et ne ciblera jamais des citoyens algériens, quelles que soient les circonstances et les provocations », a-t-elle assuré.

Selon la source marocaine, cette zone est « empruntée exclusivement par des véhicules militaires des milices armées » du Front Polisario.

« On s’étonne donc de voir les autorités algériennes évoquer la présence d’un camion qui se trouverait dans cette zone, eu égard à sa nature juridique et à son utilisation à des fins militaires », a-t-elle argumenté par ailleurs.


Chez nos copains... : Source Agences

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